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Mon actualité d'auteur, mes textes, mes coups de coeur, mes coups de gueule, tout ce que j'aurai plaisir à vous faire partager !

IN FINE de Stéphane Nolhart. Éditions Mots Ouverts.

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IL faut avoir la culture, l'imagination, l'humour, en un mot la patte de Stéphane Nolhart pour s'attaquer ainsi au personnage de la Mort en nous le rendant sympathique. Il  nous concocte  en effet dans In fine le portrait d'un être moderne, élégant, fan de mots croisés, des Beatles et très attaché à sa page Facebook !
Le roman débute sur un constat amer de la part de Catule la Mort: dans tous les médias, il n'y en a que pour Asclépios, Dieu de la médecine, et tous ses sbires médecins dont on vante les progrès. C'est agaçant, même rageant. Et lui alors? Il s'insurge et revendique sa part de célébrité. Ne parvenant pas à s'entendre avec son rival, il frappe un grand coup: il se met en grève...pour qu'on lui prête attention.
Imaginez La Mort cessant brusquement toute activité, prioritairement en direction des octogénaires et nonagénaires. Une sacrée pagaille en perspective dans la société.
Je n'en dirai pas plus sur la suite de l'intrigue, laissant au lecteur le plaisir de la découverte. Il appréciera l'écriture alerte de S. Nolhart, son imagination débordante, parfois délirante. Il aura  souvent le sourire et même quelques fous rires. Ce qui ne l'empêchera pas de goûter, sous-jacente et pas le moins du monde ennuyeuse, la réflexion philosophique sur le monde d'aujourd'hui.
 
 
Quelques extraits:
"J’avais mis une cravate orange sur une chemise rose, c’est dire combien je ne me sentais pas en forme. "
"Nous en étions au troisième mois de grève. Les magasins de pompes funèbres et leurs innombrables artisans sous-traitants commençaient à faire grise mine devant cette chute soudaine de chiffre d’affaires. Les fleuristes des entrées de cimetières bradaient leurs couronnes. Les conciles religieux se mirent à égrener nerveusement leur chapelet en murmurant que les voix du Seigneur étaient certes impénétrables, mais que le Très-Haut poussait le bouchon un peu loin..."
"Le 8 juin, sur le coup de 7 heures du soir, l’astre du jour allait se mettre en pyjama, je me demandai en sirotant un verre de téquila si j’avais déjà vu dans tous les siècles autant de vieillards trépigner dans l’attente de ma venue."
 
 
IN FINE   de Stéphane Nolhart. Éditions Mots Ouverts .
 
 
 
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V
Dans un registre plus fantastico/loufoque, ce thème me fait penser à deux livres de Terry Pratchett, tirés des annales du Disque-monde, intitulés "Mortimer"<br /> http://fr.wikipedia.org/wiki/Mortimer_(Disque-monde), dans lequel la Mort, personnage récurrent du cycle de romans, décide de prendre des vacances, et "Le faucheur"<br /> http://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Faucheur, dans lequel elle est mise à la retraite (avec toutes les conséquences qui s'en suivent dans un univers médiéval de dessin animé...
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D
<br /> <br /> Intéressant, je vais tâcher de mettre la main sur Le Faucheur.<br /> <br /> <br /> <br />